RENTRÉE DU 7 SEPTEMBRE : LES FRAIS PASSENT EN LIGNE, ET LE RÉSEAU NE SUIT PAS

Les élèves reprennent le chemin de l’école ce lundi 7 septembre. Les personnels administratifs sont rentrés depuis le 31 août, les enseignants depuis le 2 septembre. Mais pour les parents, la vraie nouveauté de cette rentrée ne se joue pas dans la cour de récréation. Elle se joue sur un téléphone.

Depuis le 24 août, le paiement des frais scolaires dans le secondaire se fait entièrement en ligne, sur la plateforme cartescolaire.cm. Plus question de déposer des billets au secrétariat de l’établissement.

Ce qui change concrètement

Tout tourne autour d’un numéro : le matricule unique. Chaque élève en reçoit un à son entrée en sixième et le garde jusqu’à la fin du secondaire. Sans ce numéro, aucun paiement n’est possible. C’est lui qui identifie l’élève, son établissement et sa classe.

La procédure tient en quelques étapes. Vérifier que le matricule de l’enfant est bien rattaché au bon établissement. Le faire générer par l’école pour les nouveaux entrants, en sixième comme en Form One. Se rendre ensuite sur cartescolaire.cm, saisir le matricule, puis payer chez un opérateur agréé : MTN, Express Union, Campost et Afriland First Bank, auxquels certaines publications ajoutent Orange.

Deux cas particuliers méritent l’attention. Pour le concours d’entrée en sixième et pour les écoles normales, c’est le code de l’établissement qui sert de référence, pas le matricule de l’élève. Et pour un enfant qui change d’école, il faut s’assurer que son matricule apparaît bien dans le système du nouvel établissement avant de payer quoi que ce soit.

Le ministère des Enseignements secondaires, dirigé par Pauline Nalova Lyonga, défend une logique de traçabilité : sécuriser les élèves et les fonds, réduire la fraude, en finir avec les doubles paiements. Sur le papier, l’argument se tient.

Le problème que le ministère balaie un peu vite

La réforme suppose deux choses que le pays ne distribue pas également : de l’électricité et du réseau.

Depuis la mise en place du système, la presse locale documente les mêmes blocages dans les zones reculées. À Yangah, dans l’arrondissement de Maga, département du Mayo-Danay, un habitant racontait à CamerounWeb avoir installé un panneau solaire dans son village. Il sert à recharger les téléphones et à photocopier les documents des enseignants. Le réseau, lui, arrive à peine.

Le problème ne se limite pas à l’Extrême-Nord. Au lycée d’Ekorezok, à Yaoundé, des parents réunis pour une séance d’information ont dit ne pas être venus à bout de la procédure. Certains ont fini par y arriver après plusieurs tentatives. D’autres sont repartis sans avoir compris.

Interrogé, un responsable de la communication du Minesec a répondu que le gouvernement ne prendrait pas une mesure sans en avoir levé les obstacles, et qu’un parent sans internet peut toujours obtenir le numéro par SMS en passant par quelqu’un d’autre. Pour un père à qui l’on annonce que son enfant sera renvoyé à la maison si l’inscription n’est pas bouclée dans les délais, la réponse laisse songeur.

Pendant ce temps, l’armée compte les écoles fermées

La rentrée ne se prépare pas qu’au ministère de l’Éducation. Le 26 août, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, a réuni les responsables militaires et sécuritaires. L’objectif annoncé : garantir un environnement serein aux apprenants, aux enseignants et à la communauté universitaire.

Les chiffres expliquent la réunion. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, 105 établissements ont reçu l’ordre de fermer quelques semaines avant la reprise. Entre janvier et mars 2026, 19 incidents impliquant des engins explosifs improvisés ont été recensés, dont huit ont directement touché l’école. Les villes mortes du lundi continuent. Dans l’Extrême-Nord, les incursions se poursuivent. Dans le Nord, les enlèvements contre rançon rapporteraient environ un milliard de FCFA par an.

L’année universitaire, elle, ne démarre qu’en octobre.

Ce qu’il faut faire, et vite

Ne pas attendre. Plus la rentrée approche, plus la plateforme est sollicitée et plus elle ralentit. Vérifiez le matricule de votre enfant, vérifiez l’établissement auquel il est rattaché, payez, puis conservez la preuve de paiement. Si vous êtes dans une zone sans réseau stable, faites-le faire par un proche en ville pendant qu’il en est encore temps.

Sources

Partage ce japap

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *