LES LIONNES RAMÈNENT ENFIN LA COUPE, ET NGAH MANGA PARLE D’ABORD DE SA GARDIENNE

Le 16 août, au stade Moulay El Hassan de Rabat, le Cameroun a battu le Malawi 3-0 et décroché sa première Coupe d’Afrique des nations féminine. Vingt-huit ans d’attente. Quatre finales. Les trois précédentes, en 2004, 2014 et 2016, s’étaient toutes terminées par une défaite contre le Nigeria, sans qu’une seule Lionne ne trouve le chemin des filets.

Une équipe qui ne devait même pas être là

Le détail que peu de gens rappellent : le Cameroun n’était pas qualifié sportivement pour ce tournoi. L’équipe a été repêchée quand la compétition est passée à seize participantes.

En février, la presse s’inquiétait ouvertement de l’état de préparation de la sélection. Pas de staff stabilisé, pas de vraie préparation. Six mois plus tard, les mêmes joueuses sortent le Nigeria, tenant du titre et bourreau historique, sur un but à zéro en quart de finale. Puis elles éliminent le Maroc aux tirs au but, chez lui, devant son public. Puis elles déroulent en finale.

La finale

Marie Ngah Manga plante un doublé avant la pause. Naomi Ndjoah Eto ajoute le troisième. Derrière, Michaely Bihina termine la rencontre sans encaisser, face à une attaque malawite emmenée par les sœurs Chawinga. Le banc était tenu par Valentine Nguele et Dimitri Lipoff.

La distinction de meilleure joueuse du tournoi est revenue à Monique Ngock, 21 ans, saluée pour sa lecture défensive et son sang-froid. Sa phrase après le sacre a fait le tour du pays : « les filles peuvent tout faire. »

Le geste qui dit quelque chose

Le 4 septembre, invitée sur Canal+ pour revenir sur le parcours, Ngah Manga aurait pu parler de son doublé en finale. Elle a préféré rendre hommage à sa gardienne, Michaely Bihina.

Dans un football où l’on retient les buteuses et où l’on oublie les arrières, venant de la joueuse qui a marqué deux fois dans le match le plus important de l’histoire de la sélection, ça se remarque. Une gardienne qui finit une finale sans encaisser fait exactement la moitié du travail. Elle est rarement sur l’affiche.

Reste maintenant la question que ce titre pose au pays : est-ce qu’une équipe qui gagne sans staff ni préparation obtiendra enfin les moyens qu’on lui refusait quand elle perdait ?

Sources

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